4 avril 2024

Des sénateurs français veulent interdire la transition de genre médicale avant 18 ans

La sénatrice française Jacqueline Eustache-Brinio (LR) a publié le 18 mars 2024 le rapport d'une mission sénatoriale sur la transidentité chez les mineurs. Le rapport affirme que des organisations transactivistes accélèrent le processus de transition et que les soignants se laissent guider par une « idéologie affirmative trans ». Avant l'été, le groupe LR a déposé une proposition de loi visant à interdire les bloqueurs de puberté, les hormones croisées et les opérations chez les mineurs.

Des sénateurs français veulent interdire la transition de genre médicale avant 18 ans

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Le , la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio (LR, département du Val-d'Oise) a publié le rapport d'une mission sénatoriale sur la transidentité chez les mineurs. Le rapport, selon ses propres mots, « tire la sonnette d'alarme ». Immédiatement après, le groupe Les Républicains a déposé au Sénat une proposition de loi visant à interdire la transition de genre médicale avant l'âge de 18 ans.

L'analyse centrale

Le rapport décrit un mécanisme largement partagé selon lequel l'idéologie affirmative trans au sein des services de santé et des organisations de jeunesse conduit à un parcours de transition accéléré pour les jeunes. Les organisations transactivistes, affirment les sénateurs, influencent l'information transmise aux parents, aux travailleurs de jeunesse et aux soignants d'une manière qui fait pratiquement disparaître de la vue l'option de ne pas entamer de transition médicale.

Chiffres tirés du rapport

  • États-Unis : diagnostics multipliés par trois en cinq ans ; plus de 40 000 mineurs de moins de 17 ans en transition.
  • Pitié-Salpêtrière (Paris) : environ 40 nouvelles demandes de consultation par an.
  • Plus de 80 % des jeunes souhaitant transitionner sont des filles.
  • Parmi les patients de la Pitié-Salpêtrière :
    • 16 % ont moins de douze ans ;
    • 25 % ont décroché de l'école ;
    • 42 % sont victimes de harcèlement ;
    • 61 % souffrent de dépression ;
    • 20 % ont fait une tentative de suicide.

Ces chiffres, soutient le rapport, révèlent une population présentant une vulnérabilité sous-jacente importante — et non une population pour laquelle des interventions hormonales et chirurgicales irréversibles constituent une solution évidente. Voir aussi nos articles de fond sur la surreprésentation de l'autisme, les troubles alimentaires chez les adolescentes présentant une dysphorie de genre et le glissement démographique dans les cliniques de genre.

La proposition de loi

La loi proposée vise à interdire le recours aux bloqueurs de puberté, aux hormones croisées et à la chirurgie de genre chez les mineurs présentant une dysphorie de genre. Elle s'inscrit dans la lignée des évolutions politiques observées notamment en Angleterre (Cass Review), en Suède, en Finlande et au Danemark.

Qui soutient cette initiative

La psychologue Céline Masson et la pédopsychiatre Caroline Eliacheff — codirectrices de l'Observatoire de la petite sirène et déjà actives auparavant dans ce débat — soutiennent le rapport et la législation proposée. Toutes deux reviennent ailleurs sur transspijt.nl, notamment dans l'analyse de la position de l'ASPS et lors de la perturbation du Café Laïque.


Sources :

  • Le Figaro. Paul Sugy, Stéphane Kovacs, Agnès Leclair. Article sur le rapport sénatorial, mars 2024.
  • Sénat français — rapport de la mission d'information sur la transidentité des mineurs, Jacqueline Eustache-Brinio (LR), 18 mars 2024.
  • Cry for Recognition. Publication en néerlandais.