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19 mars 2022

Levine, Abbruzzese & Mason : reconsidérer le consentement éclairé chez les jeunes trans-identifiés (2022)

Le 19 mars 2022, Stephen Levine, E. Abbruzzese et Julia Mason publient « Reconsidering Informed Consent for Trans-Identified Children, Adolescents, and Young Adults ». Thèse centrale : la transition sociale est une intervention psychologique qui exige un consentement explicite. Trois informations essentielles font défaut dans la consultation actuelle : le fait que la transition ancre l'identité, que les changements physiques sont irréversibles, et que les données à long terme manquent. L'outil MacCAT-T a été conçu pour d'autres populations.

Levine, Abbruzzese & Mason : reconsidérer le consentement éclairé chez les jeunes trans-identifiés (2022)

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Le , Stephen Levine, E. Abbruzzese et Julia M. Mason publient l'article "Reconsidering Informed Consent for Trans-Identified Children, Adolescents, and Young Adults". Le texte est une analyse éthique de ce qui, dans la pratique, passe pour du "informed consent" (consentement éclairé) dans les soins liés au genre — et pourquoi cette étiquette est, selon les auteurs, injustifiée.

La transition sociale comme intervention psychologique

Les auteurs commencent par un changement de catégorisation : la transition sociale — changer de prénom et de pronoms, adapter sa tenue vestimentaire, fréquenter d'autres espaces — n'est pas un acte neutre. Des recherches montrent qu'elle est corrélée à la persistance de la dysphorie de genre. Elle constitue donc, de fait, une intervention psychologique. Or, pour les interventions psychologiques, la règle est un consentement explicite et préalablement informé, et non une adhésion implicite.

Les trois informations manquantes

Pour un véritable consentement éclairé, trois éléments doivent, selon Levine et al., être mis sur la table :

  • La transition sociale et médicale ancre l'identité : les enfants pris en charge selon l'approche affirmative persistent dans leur identité trans bien plus souvent que les enfants suivis selon un modèle exploratoire. C'est un fait connu ; il est rarement énoncé ainsi en consultation.
  • De nombreux changements physiques sont irréversibles : la voix (après testostérone), le tissu mammaire (après mastectomie), la fertilité (après un usage prolongé d'hormones dès la puberté), les modifications génitales. Cela doit être vérifié explicitement et mot pour mot — pas de brochure, pas de présomption.
  • La validation à long terme fait défaut : aucune étude à long terme ne démontre que la transition médicale améliore durablement la santé psychique. Le fait que les patients n'en soient pas informés constitue une violation du principe éthique médical de base.

Le problème du MacCAT-T

Un point technique précis : l'outil MacCAT-T (MacArthur Competence Assessment Tool for Treatment) est souvent utilisé pour évaluer la capacité de décision des jeunes dans les soins liés au genre. Mais cet outil a été conçu pour des adultes présentant des limitations cognitives — pas pour des adolescents neurotypiques devant prendre des décisions fondamentales sur leur avenir physique. Il lui manque précisément les éléments qui comptent chez les jeunes : la maturité émotionnelle, la conscience des valeurs, la perspective à long terme.

Le développement cérébral, un fait sobre

Levine et al. rappellent que le cortex préfrontal continue de se développer jusqu'à environ 25 ans. Être légalement majeur à 18 ans ne signifie pas être neurologiquement mature à 18 ans. Le nombre croissant de détransitionneurs qui étaient légalement majeurs au moment de leur décision l'illustre empiriquement : être "capable of consent" (capable de consentir) au sens juridique n'équivaut pas à être "capable of weighing this specific decision" (capable de peser cette décision précise).

Le rôle de la famille

Malgré l'autonomie juridique des jeunes adultes, Levine et al. plaident pour impliquer explicitement les parents dans les processus décisionnels concernant des interventions ayant des conséquences sur la fertilité et le corps. L'impact sur la famille est réel ; le proche qui reste, c'est le parent, pas la clinique.

En lien avec d'autres travaux critiques

Les arguments de Levine, Abbruzzese et Mason rejoignent les recommandations de la Cass Review, l'analyse ultérieure de Mason, Grignon et Cohn (2026), ainsi que les travaux sur le consentement éclairé dans les cliniques et sur le consentement éclairé comme danger dans le modèle hormonal.


Sources :

  • Levine, S., Abbruzzese, E. & Mason, J. M. "Reconsidering Informed Consent for Trans-Identified Children, Adolescents, and Young Adults." Journal of Sex & Marital Therapy, 19 mars 2022.
  • Bayswater Support (résumé). bayswatersupport.org.uk